Cos’ baby you’re a firework…

Un physique banal, aucun charme, le genre qui passe inaperçu…voilà ce que je pensais avant de le voir en automne dans le jardin de Jean-Pierre Coffe ; et là, le coup de foudre…Jean-loup Hennebelle me l’avait conseillé souvent et je ne comprenais vraiment pas ce qu’il trouvait à cet arbuste

ci dessus au printemps, en camouflage dans le feuillage d’ une consoude et du rosier crocus rose, vous le remarquez ?

et voilà, l’automne l’a transformé en flammèches, il crève le gris de Novembre

Il devrait être plus fourni, il a un peu souffert de cet été ultra sec

Come on, let your color burst , à n’en pas douter Katy Perry a aussi un rhamnus frangula asplenifolia dans son jardin

Jaro est arrivé,

sans s’presser

le grand Jaro

le beau Jaro

( mais sans son cheval ni son grand chapeau )

Acheté il y a 15 jours le matin à Chantilly sur le stand des Hennebelle, le prunus serrula dont j’ai rêvé pendant si longtemps s’était volatilisé le soir quand j’ai voulu le récupérer, barboté par erreur par Mr G., un autre client .

Je suis rentrée dépitée, sans mon Jaro, voire carrément angoissée à l’idée de ne jamais revoir mon arbre, même si Nicolas Hennebelle m’avait assuré que Mr G est un gentleman ( « suis-je tombée sur Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur » est la seule pensée qui m’est venue). J’avais pour monnaie d’échange la plante de Mr G. , un petit sambucus ( impossible à confondre avec un arbre de deux mètres de haut mais passons )

Une semaine de silence radio de la part de Mr G. ( moi qui ne suis pas un gentleman, j’aurais contacté l’autre personne pour m’excuser et la rassurer ) , j’ai recontacté Nicolas Hennebelle pour qu’il secoue le cocotier, et une semaine plus tard, un transporteur me livrait mon bébé

Jaro est comme les autres serrula, doté d’une belle écorce qui desquame,  mais plus clair, et comme disait Jean-Pierre Coffe, il est doux comme une b… ( je vous laisse imaginer ce que vous voulez, voire vérifier si vous le souhaitez )

Nicolas Hennebelle m’a conseillé de faire un trou plus large que profond et d’ajouter du sable et des petits cailloux à ma terre ( type mélange pour maçonnerie ). Je trouve joli tout ce doré, je me sens comme Midas ( hé non, pas la chaine spécialisée en automobile , l’autre, le roi )

Je l’ai choisi en tronc unique et pas en cépée pour qu’il pousse plus vite , et surtout pour qu’il prenne moins de place en largeur. Son tronc se tortille un peu de rire, je n’ai pas réussi à le mettre bien vertical ( enfin ça dépend de l’angle sous lequel on le regarde ),  peut-être restera-t-il aussi tordu que la jardinière ?

Je verrai au fil des années si je dois agrandir le massif, j’ai une petite marge de manœuvre tout autour.

Bulbizarre

(Toutes les mamans marquées par des années de collection de pokemon me comprendront 😉 )

Cette année, ça y est, enfin, j’ai commandé des erythroniums . Des quoi donc ? juste la grâce dansant au bout d’une tige ( photo Promesse de fleurs )

Je n’en avais jamais planté, ni vu, c’était un fantasme jusqu’à maintenant et c’est avec beaucoup de curiosité que j’ai ouvert mon colis :

bbbrrr, on dirait des doigts coupés ( hum, et celui de droite me semble moisi )

ci dessus, pagoda, les jaunes

légère différence de taille…les deux ont été primés à la RHS, j’ai confiance

Je les ai associés au brunnera looking glass  qui fleurit bleu comme les myosotis :

ainsi qu’à des tulipes sapporo et maja, dans les tons blancs et jaunes. Enfin je crois, parce que j’ai oublié de noter dans mon carnet; il faudra attendre le printemps pour savoir…c’est ici que commence une des grosses activités du jardinier, le « ouailletènessi »…

Frimas

le voilà, il est arrivé , le premier froid . Un degré en dessous de zéro et le jardin change, il me fait le numéro du givre mou ( quel vilain mot pour un si joli phénomène )

Je ne me lasse pas des volutes que me déroule le banc devant la fenêtre ; il souffle, il exhale, il joue comme les enfants à faire semblant de fumer

les constructions invisibles apparaissent…

Le soleil donne la même couleur aux gens ?, et bien le froid aussi , mes chrysanthèmes ont le bout du nez froid :

Pompom Girl ( au dessus ) continue de me faire des blagues et essaye de se déguiser en  » poésie rose » , mais on ne me la fait plus, je sais où chacun loge maintenant ( grâce à Thierry Delabroye qui m’a éclairée; et je n’oublie plus de prendre les étiquettes sur son stand maintenant )

avant le gel , en haut , grosse probabilité qu’il s’agisse de « white tower » , en dessous « poésie » donné par Charlotte
les mêmes, après la pluie et le froid

la nature ralentit et se concentre, à moi les soirées cheminées-tisane-broderie-livre de jardinage…

Brins d’herbe

encore en retard sur tous les articles que j’aurais dû faire, alors vite avant que la belle lumière de l’automne ne s’échappe, profitons-en, un petit tour des graminées :

Je crois que c’est la première année que le miscanthus kleine fontäne est aussi bariolé ( n’importe quel non-jardinier verrait des brins d’herbes mi-secs, il faut être un peu décalé du bulbe pour y voir du rouge, du jaune, de l’indigo, du vert, tout l’arc en ciel et s’en extasier )

A St Jean, j’ai eu la chance qu’Anthony me propose un miscanthus zebrinus, je pensais juste un éclat , mais c’est carrément une vraie belle plante qu’il m’a donnée , elle a trouvé sa place auprès de la pivoine arbustive ( sans nom, fleurissant jaune ), de l’hamamélis Rochester et de Pierre Lapin qui lui  ne cesse de déménager ( il ne tient pas sur ses pattes, il doit avoir des chaussures à bascule, il a dû abuser d’une liqueur de salsepareille , et passe son temps à choir )

De St Jean j’ai aussi ramené un calamagrostis brachytricha , j’ attend ces milliers de diamants qui sont nos meilleurs amis et qui viennent l’illuminer à la moindre humidité mais c’est la lumière qui passe dans ses tiges qui me charme pour l’instant :

J’ai depuis très longtemps au jardin un panicum squaw , j’y tiens d’autant plus qu’il vient du Clos du Coudray maintenant fermé; je l’aime beaucoup ( déjà il se plait chez moi, c’est une grande qualité à mes yeux  ) ,

il se marie très bien aux asters quand ses pointes rougissent  ( ici avec un semis de september rubin, graines venant de chez Sylvaine, il y a un violet vibrant qui est apparu au milieu de la couleur  » normale » j’adore cette surprise )

mais aussi avec les tithonia; cette annuelle est une découverte pour moi, merci Fany pour les graines, sa couleur rappelle les petites flammèches du panicum :

c’est de la couleur qui claque, je vous l’accorde, ça pourrait faire saigner les yeux d’une jardinière-pisse-vinaigre mais dans un jardin sans chichi où les butineurs abondent c’est parfait ( je pense même l’essayer à côté de l’aster andeken an alma potscke , j’ai des envies de fuchsia et de orange )

Ramené de Chantilly, un  schyzachirium twilight zone ( arf, je sais c’est encore une herbe multicolore, mais celle là est plus petite, et il n’en restait que deux sur le stand, Lo et moi avons voulu rendre service au monsieur en le débarrassant. Si c’est pour rendre service c’est pas pareil . Photo prise à l’arrache ce matin, la plante est encore dans sa tontine, je ne sais pas où la mettre, pour l’instant )

Après plusieurs essais  dénués de plumets, je pense renoncer aux pennisetum ( le pépiniériste de l’autre jardin me confirmant que le manque d’eau en été les empêche de fleurir ) mon avant dernière tentative était le « tall tails » dont je vous livre le résultat, des plus exubérants ( vous pouvez rire ) :

( oui, avant dernière tentative parce qu’il me reste un semis de pennisetum macrorum, on verra )

intermède cocooning

En promenant mon carex prairie fire pour lui trouver une place, j’ai trouvé ceci à l’intérieur :

je ne pense pas l’avoir ramené de St Jean avec la plante, peut-être est-il tombé d’un arbre chez moi ? 

Il y avait une petite ouverture, avec mille précautions j’ai jeté un oeil ( allez savoir si une araignée mangeuse de jardinière ne s’y cachait pas, prête à bondir ? )

plus de bête à l’intérieur, mais un cocon de papillon un peu parti en miettes. La partie  » poilue » à droite est ce qui reste de la chenille . Après quelques recherches sur le net je pense à une écaille mais si quelqu’un a plus de précision, je prends.

Au boulot !

Après les fêtes des Mureaux et de St Jean de Beauregard, il faut planter les emplettes. Premier servi l‘ilex little rascal ; j’ai très peu de persistants au jardin, et celui là est bien tentant, peu piquant , pas très grand et de jolies couleurs automnales ( pas encore là comme vous le voyez )

Ensuite un petit sambucus lemony lace, au feuillage découpé comme un érable ( enfin presque ) :

Je voulais absolument remplacer le liquidambar slender silhouette que j’ai perdu ; j’avoue, je l’ai acheté sans savoir où j’allais le mettre mais forcément pas à l’endroit où l’autre avait grillé…J’ai tournicoté dans le jardin, le pot entre les mains, et là :

Dans cet infâme fouillis où l’Achillée ptarmica avait tout envahit , j’ai relevé les bras ( oui, je fais partie de cette engeance qui baisse quelquefois les bras ), le défi, les manches de mon T-shirt et yup-barbatruc :

de la place pour mettre un liquidambar, un aster magic purple, un rudbeckia little henry, deux heuchères guacamole :

le rudbeckia fait des petites spatules au bout des pétales, je ne l’avais pas remarqué en l’achetant, ça ajoute encore à son charme :

au pied du sédum qui est là depuis longtemps ( autumn joy ?  , je ne suis plus très sure ) deux heuchères qui végétaient en attendant que je leur trouve une place ( une caramel et une peach flambé je crois ) ; ce ne sont pas des achats récents mais comme c’est le même massif je ne suis pas trop hors sujet :

Mon carnet de jardin me dit que je n’ai pas tout planté et que je ne vous ai pas tout révélé ( le teaser de folie ! vous sentez arriver le nouvel article ? )

oui, c’est un peu la classe, j’ai un carnet de jardin; pas vous ? ( vous non plus vous n’avez pas de tête ? )

Une journée à St Jean

Tout d’abord il a fallu se lever tôt ( plus tôt qu’en semaine !!  mais là on est motivées ) pour être à l’heure au rendez-vous sur le parking

Enfin moi je suis systématiquement en retard d’un quart d’heure pour éviter les madeleines de Lo mais je suis encore arrivée trop tôt :-p

Après le café qui nous sauve de l’asphyxie, nous nous élançons. Une journée d’absence totale de sérieux, de craquage de budget et de rigolade pour un rien, le paradis !

une digitale au coloris incroyable
Patrick Blanc, son talent et ses cheveux incroyables
des belles drapées dans leur élégance
et des belles qui ont de pluvieux problèmes de poncho
des pots au chic so british me font un signe
et ma lutine est facétieuse

A la mi journée, nous avons progressé d’environ trois mètres, il est donc grand temps de nous sustenter, cookies, bulles, tartes sont au menu ( photo du pique-nique volée à Patricia )

Et nous repartons nous perdre au hasard des stands , d’ailleurs le petit Gérald attends toujours sa maman à l’atelier enfant :

j’aurais aimé ramener un beau penché, des cynorhodons orangés,  et une  immense graminée:

Mais rien de tout cela ne serait rentré dans ma carriole ( pas plus que dans ma voiture en fait )

Mes achats dans le prochain article ( trois articles dans la même semaine, , ne serait-ce pas trop ? )

on m’engueule,

on me reproche, on me pousse !

Je ne publie pas assez parait-il !

c’est que je ne peux pas tout faire moi !! Pendant que l’été grillait gentiment mon jardin, moi je faisais du vent . Oui, j’avoue, de longues après-midi à brasser de l’air, avec mon éventail BDD :

Normalement on ne met pas ses doigts sur les photos de broderie, c’est pas brodeuzélégante du tout. Pour faire chic on doit étaler des petites perles, mettre à côté le dé ouvragé de l’arrière grand-mère, mais comme je n’ai pas envie de passer mon après midi à ramasser douze mille perles éparpillées ( dont la moitié par terre ) , c’est mon pouce qui vous sert de jauge pour voir la taille du modèle.

Je ne suis pas bien satisfaite des mes points de noeuds qui sont moins jolis que ceux de madame BDD ( je sais, je ne suis jamais satisfaite de ce que je fais )

j’ai fait la moitié des clochettes de muguet et je sens ma motivation piquer du nez, il va pourtant bien falloir mettre un point ( de noeud ) final à cette histoire, que je puisse attaquer l’esprit tranquille les pendouilles de Noël !

l’indéfinissable

Comment je vais la décrire ? tout d’abord elle vient de chez Guillot, et c’est une belle bête : plantée à racines nues fin avril 2017 ( un peu limite quoi ), elle ne m’en a pas voulu et a fleuri dès la première année

Puis-je dire qu’elle est Parme même si elle s’appelle Florence ? Elle n’est ni mauve ni grise ni rose, ou alors un peu les trois ?

Après quatre jours d’orages, elle est toujours fringante

le coloris colombin du fenouil vient la caresser, le vert chartreuse ( de Parme ? non, toujours pas ) la réveille. ( petite digression, colombin, c’est la couleur gorge de pigeon, vous n’étiez pas partis sur une autre piste moins glamour au moins ? )

Elle tient compagnie à Reine des violettes, et toutes deux sentent la vraie rose ( surtout pas la violette, pouh ! )

Je n’aurais pas parié un kopeck sur le fait de mettre ce coloris au jardin et pourtant, elle me charme. Les consolida semés au pied ne semblent pas vouloir lever, je compte sur la floraison du baptisia derrière pour donner de la profondeur à l’ensemble.

Rosier Florence Delattre, de chez Guillot