Agités du bulbe

Dimanche je suis repartie sur les routes ( à peine remise de Chantilly la veille ) rejoindre des amis jardiniers afin de partager les bulbes que nous avions commandé. A la base j’étais restée raisonnable , je n’avais pris que des alliums et des hyacinthoides en mélange, pas de tulipe parce qu’il faut les remplacer chaque année ( enfin ça dépend lesquelles me direz vous ), que les erreurs sur les coloris arrivent de plus en plus ( et que j’en ai marre de faire des trous. La fainéante en moi n’est jamais loin et me sauve de pas mal de bêtises )

allium nectaroscordum
Hyacinthoides hispanica mixed

Patricia s’étant laissée aller à un enthousiasme qui dépassait finalement son budget et la taille de son jardin ( des centaines de bulbes à caser dans son jardin de poche, je pouffe discrètement parce que c’est pas gentil de se moquer ) , j’ai pioché dans son stock pour l’ alléger un peu . Laurence avait trop d’aulx de différentes tailles ( du petit ail jusqu’aux grandes tailles ) , nous avons fait 50/50 ( que l’on peut cumuler avec l’appel à un ami, comme dans le célèbre jeu télévisé ), et ainsi de suite…

Allium eros
allium Miami
Aliium Atropurpureum

vous le voyez venir ? jusqu’à ce que je reparte avec des tulipes, évidemment.

ah ça, moi quand j’ai décidé d’être inflexible on ne me fait pas plier ….

Verone
Havran
Mascotte

Aucune des photos n’est de moi, puisqu’on n’est pas au printemps et qu’au moment où vous me lisez j’erre dans mon jardin, les épaules basses, sacs de tulipes à la main à me demander où je vais bien pouvoir les planter ( vous pouvez pouffer, sans discrétion aucune )

Retour de flamme

Compagne obligée des fêtes des plantes, la carriolette !

la mienne c’est celle de gauche. Quand je serai grande j’en ferai sans les petites roues, comme Charlotte…photo honteusement volée à Patricia

non seulement elle a la même qualité que le Tardis ( si vous êtes non-fan du Dr Who, je vous aide, le Tardis est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur ) mais en plus c’est une excellente entremetteuse . Je ne compte plus le nombre de mariages harmonieux qu’elle a crée : on entasse, on empile, on se rend compte que ça va bien ensemble et il n’y a plus qu’à mettre au jardin ( il y a aussi la possibilité que je sois un génie de l’association mais c’est peu probable ) . Petit retour sur ce tournez-ménages de la carriolette :

l’aster dumosus Néron et la persicaire pink éléphant . Quoi de mieux que Néron pour mettre le feu à l’automne , je vous le demande ? Et sans doute n’ai-je pas vu assez d’éléphants roses dans ma vie mais je ne vois pas de trompe dans la forme de la fleur…Enfin, ça n’est pas grave, j’aime inconditionnellement les persicaires et la verticalité indispensable qu’elles donnent au jardin

J’ai très longtemps cherché le solidago fireworks et je l’ai enfin trouvé chez François Lemaitre à St Jean ( maintenant que je l’ai je la vois partout cette plante, pppfff ) et j’ai acheté en même temps l’aster golden spray. Avant d’être butiné le coeur de l’aster est jaune pâle et l’accord est juste parfait ( enfin moi j’adore, c’est très lumineux )

l’aster Kylie est un peu pâlichon sur ma photo, il est un plus rosé en vrai ( une variation de roses pâles même ), mais je lui trouve un côté assez fade tout seul . il vient se frotter, mais sans se piquer , au rouge brun du berbéris Admiration. D’habitude j’évite les arbustes épineux mais là je l’ai choisi à dessein, je l’ai planté juste devant ma stipa gigantea dans le but de décourager mes chats d’y jouer ( rêve fou, avoir une stipa sans raie au milieu, avec des épis bien droits et nombreux… c’est compris les affreux ? maman est fâchée ! )

Un chrysanthème inconnu donné par Lo avec la spirée betulifolia Island, une scène pour devant de massif, les deux étant assez bas . La spirée a été un vrai coup de foudre sur le stand des Hennebelle ( encore, toujours ) , les variations de couleurs sont à tomber.

l’heure de l’hibernation a sonné pour ma carriolette, et moi je n’ai plus qu’à admirer toutes ces couleurs de feu au jardin.

Petit tapis presque gris

Je plante trop près du bord , les plantes dégoulinent sur l’allée et on a du mal à se faufiler alors que je me suis enquiquinée à faire une allée pavée. Je réaménage donc un côté du chemin avec des plantes rase-mottes qui ne vont pas traverser la rue pour aller chercher un boulot ( vu qu’elles en ont déjà un ici : faire une jolie bordure sage ).

Allez, tout le monde à quatre pattes, suivez moi :

Dans un merveilleux accord gris acier et menthe glaciale ( non non, c’est pas bleu 😉 ) une fétuque Elijah blue, un sédum Hab gray et un aster adustus nanus ( et des cailloux et des herbes, effectivement )

un nepeta calamintha et le cerastostigma plumbaginoides qui drageonne joliment ( bon, d’accord, il est un peu bleu lui )

Au deuxième plan ( c’est le « trou » dans la photo ) , j’ai planté des asters pyrenaeus Lutetia , il faudra attendre l’année prochaine pour voir si le coloris lilas et la hauteur s’intègrent bien. J’ai appris ensuite que c’était les préférés de Beth Chatto, donc ça sera parfait .

ça fait mal aux genoux les pavés, vous pouvez vous relever, en douceur.

Suzanne me fait de l’oeil

J’ai souvent du mal à transformer l’essai sur mes semis, mais je persiste : ce printemps j’ai tenté le thunbergia alata african sunset ( Suzanne aux yeux noirs en français , d’où ce titre si plein d’esprit )

Installée sous le porche de la maison , la pauvre plante s’est retrouvée privée de lumière à cause des travaux sur le toit, et ça a fortement retardé sa croissance. Mais bonne surprise, pour mon anniversaire :

d’une gousse verte émerge une pointe de couleur

oh, surprise, elle a les yeux vairons ma Suzie

allez, une poignée de tonnerre d’engrais pour l’encourager un peu

la voilà qui s’éclate, les boutons de fleurs se font plus nombreux et j’assiste à un coucher de soleil sur le lac Tanganyika ( oui, bon, on rêve comme on peut )

Le support est un reste de treillis à béton, c’est un peu court, il faudra prévoir plus grand pour l’année prochaine ( si le gel ne vient pas trop tôt j’aurais peut-être la chance d’avoir des graines de ma belle ).

le jardin des cinq sens

Dame pantoufle nous convie à un petit exercice de fin d’été et je m’y plie bien volontiers, j’enfile mon plus beau hennin et je me prends l’espace d’un instant pour la dame à la licorne, attentive à chacun des cinq sens dans le jardin :

  • l’ouïe : les graines de nigelles font un bruit sourd quand on les frôle , comme un grelot qu’on tiendrait entre ses doigts
  • le toucher : les échinops ritro ont un peu perdu de leur couleur mais ont gardé tout leur piquant, ouille pas touche
  • le gout : première salade du jardin dégustée hier, les limaces ne nous ont laissé que celles ci, les chicorées pain de sucre, tout ce qui était bien tendre n’a pas résisté à leur voracité
  • la vue : les coloris à cet endroit sont doux et chauds, il y a là tout ce que j’aime ( asters violetta, kaliméris blue star, sédum rose, physalis en orange et liquidambar encore vert clair
  • l’odorat : le rosier Munstead Wood n’a cessé de m’étonner, ses fleurs ont peu grillé finalement pendant la canicule, je m’attendais à pire, et le revoilà comme si de rien n’était , embaumant le jardin

à vous de jouer ?

la petite jardinière

J’avoue, je ne suis pas très géranium , pas très jardinière non plus . Enfin si, jardinière du dimanche , toujours, mais jardinière de bord de fenêtre pas trop.

Avec mon amie Laetitia nous avons participé à un rallye touristique où nous avons brillamment fini sur la troisième marche du podium, et parmi les lots récompenses figuraient des géraniums roses simples ( et une bouteille de bulles mais c’est une autre histoire ça )….hum, qu’est-ce que j’allais faire de ça ?

Et puis Lo m’a donné des géraniums double d’une couleur à tomber, Charlotte une impatiens, Laurence M une stipa….les cadeaux d’amitié c’est sacré , je n’allais pas laisser mourir tout ça ; j’ai encore une fois mis Chéri à contribution pour habiller une affreuseté en plastique et voilà le résultat :

la petite maison d’oiseau est un cadeau de Pascale ( et la couleur du géranium est d’un magnifique grenat velouté, la photo ne lui rend pas hommage )

une vieille palette, un zozio de chez Arrosoir et persil , une lanterne qui scintille le soir, une toile d’araignée , mes instructions presque claires et le talent de Chéri, et voilà, je l’adore ( la jardinière, chéri, tout )

la métamorphose du monstre

il y a deux ans ( je crois ) Guénolé avait organisé un jeu et j’avais gagné une hémérocalle surprise. Je l’avais plantée un peu au hasard près du rosier Sally Holmes et des hypericum galopants, pensant qu’elle serait surement dans les tons jaunes/orange…et puis je l’ai attendue, attendue…et l’été dernier :

mais kessécé ? le squelette d’un dinosaure ? une bête bizarre et menaçante ? ( flippée comme je suis j’ai immédiatement culpabilisé , me demandant quelle ânerie j’avais pû faire à la plantation pour avoir abimé comme ça mon cadeau )

à l’ouverture, ça ne ressemblait à rien, pas moyen de deviner au moins un semblant de couleur, bouton probablement infesté ( dans son livre, Guénolé parle des cécidomyies, ces petites mouches qui viennent pondre dans les boutons floraux, mais je n’ai pas eu la présence d’esprit d’ouvrir pour voir si c’était rempli de larves )

L’hémérocalle est une école de patience, j’ai donc attendu une année supplémentaire, et cette fois mon monstre a quitté ses guenilles :

je cherche un nom à mettre sur sa couleur et je ne sais pas trop, un orange brulé-saumon . En tout cas elle va bien là où je l’ai plantée et je la trouve bien jolie, merci Guénolé pour ce beau cadeau.

le moment hot

la canicule est là, encore une fois, mais mon petit coin frais reste ombragé; ici quasiment pas de fleur, c’est très reposant visuellement :

le nouveau venu est le berberis « faisceau doré », acheté à Chantilly chez les Hennebelle, il apporte la lumière qui manquait à cet endroit .Je vous montre avant :

et quand j’ai posé l’arbuste dans le massif, encore dans sa tontine ( la toile marron visible sur la photo ), j’ai su que j’avais fait le bon choix :

photo du 20 mai, il pleut

c’est aussi le coin des persicaires, que j’adore: une dorée, une red dragon, une variegata et une trou de mémoire ( ça me reviendra, peut-être )

tout devant , l’heuchère chocolat ruffles donnée par Dany, elle devient de plus en belle

un mois plus tard, on remarque que le berberis est un peu moins jaune

l’hosta Empress Wu prend ses aises et éclipse un peu ses voisins , la jolie fougère ( polystichum pulcherrimum Bevis ) et l’ilex little rascal, même si les baveux essaient de lui faire une taille de transparence. D’ailleurs en parlant de baveux, j’en ai surpris deux en pleine scène torride:

je crois que je vais avoir plein de petits gourmands ( mais que font les hérissons ?? )

Nouveau look pour une nouvelle vie

vous vous souvenez, Mme Alfred Carrière, avant , c’était une dame un peu ronde à la robe froufroutante ,avec cette peau diaphane qui sied à une femme du monde

photo du Net

et bien c’est fini, au diable la vie mondaine de femme de financier, vive la simplicité et la couleur :

Si, si, c’est Mme Alfred Carrière, y’a son nom sur l’étiquette !

Bon, je vous explique, j’ai passé une « petite » commande chez Guillot, profitant de la promo sur les rosiers en conteneurs, et à la réception il semblerait qu’il y ait une erreur de casting ….je cherche, je cherche, qui est ma belle inconnue ( j’ai comme une frayeur, je lui trouve une grosse ressemblance avec american pillar )

fleurs groupées de 5-6 cm, quasiment pas de parfum (pour l’instant je ne saurai dire si elle est remontante ou pas, grimpante ou arbustive ) , est-ce que quelqu’un la reconnait ?

La vie en mauve

L’année dernière Charlotte m’a donné une plantoune en godet, me précisant que c’était une mauve…m’en avait-elle dit plus sur ce bébé que j’adoptais ? je ne sais plus, mais je m’attendais à une de ces petites plantes qu’on voit pousser spontanément dans ma campagne :

photo trouvée sur le net

Chose incroyable dans ce jardin où tout est plus petit qu’ailleurs ( je parle des plantes ) , la petite chose est devenue une géante, et l’ouverture de sa première fleur a été un régal :

ce violet bi-ton rend la couleur vibrante et j’adoooooore ça !

le nombre de boutons floraux est impressionnant :

Elle est belle en bouton, ouverte , fanée ; elle me fascine . La découpe des pétales à leur base laisse apparaitre le vert du calice, le pistil saillant lui donne un petit air d’hibiscus ( en mieux )

J’ai mis cette malva sylvestris var.mauritiana ( si je ne me suis pas trompée dans son identification ) dans le massif « mauve » ( mon imagination est sans limite, il faut bien l’avouer ) en compagnie du fagus roseo-marginata déplacé cet automne parce qu’il grillait au soleil

ils ont l’air de bien s’entendre.

( Lo a la même, mais la mienne est évidemment cent fois plus belle )